Les Français sceptiques face au besoin de développement personnel

revolution citadine

La France a des trains de retard sur ses voisins américains concernant le besoin de développement personnel et le coaching. Plusieurs courants de pensée fondateurs ont sculpté notre façon de voir les choses et même d’être. Et ça a joué un rôle important sur notre appréhension du développement personnel, de l’accompagnement. D’une vision catholique en passant par le Siècle des Lumières ou les différences culturelles, zoom sur ce qui nous rend réfractaires au changement en tant qu’individu. 

Le besoin de développement personnel n’existe pas dans la pensée chrétienne

Ou du moins pas de la manière dont vous l’entendez. Dans la religion chrétienne, il est possible de connaître l’élévation en priant, en montrant sa dévotion et en suivant les principes de la Bible. La France est un pays aux racines catholiques et cet héritage influe sur notre perception aujourd’hui. 

Dans cette tradition chrétienne, Dieu a fait l’homme “à son image” et le met à l’épreuve pour prouver sa foi. Dans cette logique, il est donc normal de subir des moments difficiles, y compris émotionnellement et psychologiquement. 

Cette façon de survivre aux événements, en priant ou en serrant les dents, est fortement ancrée dans notre inconscient. Malheureusement, en faisant l’autruche pour écarter les problèmes ou en luttant pour les repousser, on ne les résout pas pour autant. On peut voir la différence avec des courants religieux venus d’Asie où la méditation et certaines formes de yoga sont parties prenantes de la foi. Ces deux activités sont des piliers du développement personnel.

femme yoga méditation

Humanisme et Siècle des Lumières : l’homme n’a pas besoin de développement personnel

Depuis le Siècle des Lumières, l’homme fascine, que ce soit par les prouesses de son corps ou de son esprit. Cette façon de voir les choses, cet héritage, peut expliquer que les Français soient frileux au moment de se faire coacher.

Selon les philosophes des Lumières (XVIIIe siècle), l’homme doit pouvoir s’élever seul et cultiver sa connaissance pour se servir de son entendement et de sa raison. Mais cela ne concerne pas le bonheur et le développement personnel. Cette croyance en la force de l’homme balaie tous les doutes sur ses capacités. Il n’est pas reconnu comme faible ou même faillible.

L’humanisme (XIXe siècle) est un mouvement philosophique et artistique qui met en avant la dignité et la beauté humaines. Encore aujourd’hui, donner de son temps pour des œuvres de charité, pour les autres, est nécessaire bien sûr, mais aussi bien vu socialement. S’intéresser à soi, à son monde intérieur, se développer pour devenir meilleur est perçu comme de l’égoïsme ou du narcissisme. Plus que l’homme, c’est l’humanité toute entière, comme symbole, comme entité, qui est importante. Les humanistes ont foi en l’Homme, avec un grand H. 

Une vision machiste pour exclure le développement personnel ?

Il est clair qu’un fonctionnement patriarcal et machiste est installé depuis toujours en France. Et même si les mentalités commencent petit à petit à changer, cette pensée d’être fort, d’être vaillant est bien présente. L’Histoire de France n’est pas là pour nous aider à nous débarrasser de ce biais : nos puissants ancêtres les Gaulois ou la Révolution de 1789 sont des représentations (parfois faussées) très présentes. Difficile d’avouer avoir des failles ou le besoin d’être aidé avec un tel patrimoine dans les gènes…

Cette pression pesait (pèse ?) bien évidemment sur les hommes. Ils se devaient d’être des figures fortes, inébranlables. Et les femmes alors ? Il y a encore quelques dizaines d’années, les femmes n’avaient pas voix au chapitre. Leurs difficultés ou leur volonté de s’élever émotionnellement n’étaient pas entendues, n’avaient même pas la place d’exister dans un monde fait et dirigé par des hommes. Et même si c’est en train de changer, il faut parfois laisser passer quelques générations pour détricoter cette pelote de laine machiste.

Révolutionnaires dans un champ

Avoir besoin de développement personnel, ce n’est pas un peu “hippie” ?

L’image du coaching et du développement personnel a souffert des dérives sectaires et des affaires qui ont pu toucher ce milieu. Et il est vrai que tout n’est pas bon à prendre : des promesses de résultats pas toujours obtenus, des conseils (touchant parfois au domaine médical) mal adaptés, des radicalisations, de la manipulation ou des arnaques. Ce milieu a connu sa part de scandales

Encore en France aujourd’hui, certaines démarches de coaching ou même certaines personnes ayant besoin de développement personnel sont considérées comme “hippies”, un terme alors péjoratif dans la bouche de ceux qui l’utilisent. Le développement personnel et notamment certaines pratiques sont associés à la consommation de drogue ou à des sciences purement ésotériques, voire frauduleuses. Cette représentation peu flatteuse a retardé le développement du coaching et des autres méthodes d’accompagnement en France. Alors que, bien évidemment, des coachings fiables et de qualité existent ! 

De nombreux philosophes fustigent le besoin de développement personnel, une pratique qui ne serait pas assez rigoureuse selon eux. Pourtant, la philosophie et le développement personnel ne sont pas si éloignés. Tous deux portent sur des problèmes existentiels et apportent des réflexions, des solutions pour les résoudre. Prendre la décision de se faire accompagner, par un professionnel ou simplement grâce à des livres ou à des ressources audio-visuelles est une décision individuelle et intime. À vous de trouver votre philosophie, celle qui vous parle et qui fonctionne le mieux dans votre cas !

Hippie dans un champ de tournesol

La course à la légitimité

Le succès, ça se mérite ! C’est même une des valeurs mises à l’honneur en France. Sous couvert de l’égalité des chances soi-disant maintenue par l’État, tout le monde pourrait réussir à force de travail et d’acharnement. Encore une fois, ces actions devraient se réaliser seul, avec juste sa volonté et sa ténacité. 

Le résultat ? Une course aux diplômes qui touche tous les secteurs. Alors quand émerge un nouveau domaine d’activité, quand le besoin de développement personnel se fait enfin ressentir en France, quelque chose nous fait tiquer. Qui serait donc assez bon, assez méritant, assez diplômé pour nous aider, nous accompagner, nous coacher ?

De nombreux coachs se sont autoproclamés sous ce statut et les services qu’ils proposent se révèlent parfois décevants. Heureusement, des formations et certifications ont vu le jour pour enseigner et valider de vraies méthodes d’accompagnement et de coaching. Car ce n’est pas un rôle qui s’improvise ! L’expérience peut suffire pour acquérir les compétences nécessaires, mais une déontologie et une transparence dans son travail sont alors primordiales. 

Ici sur Help’n Try, nous prenons soin de sélectionner des coachs qui correspondent à nos valeurs, ont accepté de signer une charte de déontologie et ont reçu une formation reconnue. Ils sont pour la plupart certifiés. Cette certification garantit ainsi un niveau de formation et d’expérience.

En France, on promeut les chiffres, les faits quantifiés. Il n’est pas facile de faire valoir une discipline dont les effets ne se mesurent pas par des statistiques. Comment faire admettre l’intérêt du développement personnel dont les résultats sont souvent intangibles et sur le plan émotionnel ? Cette activité ne serait pas légitime, car elle ne rentre pas dans des colonnes de calcul ? C’est toute la spécificité du besoin de développement personnel, mais aussi de nombreuses thérapies non médicamenteuses.

Le besoin de développement personnel et de coaching: un luxe ?

Le marché du livre de développement personnel représente plus d’un tiers des ventes en librairies françaises aujourd’hui. Et ce chiffre n’a pas cessé d’augmenter avec la crise sanitaire qui nous questionne beaucoup d’un point de vue individuel et relationnel. On voit donc qu’un réel engouement est présent.

Pour autant, être accompagné en développement personnel et notamment par un coach reste encore une activité que l’on pense réservée à l’élite. Tout d’abord, le coaching en France est avant tout considéré comme un service pour les entrepreneurs ou les dirigeants d’entreprises – et il est vrai que c’est une part importante des accompagnements proposés. 

Faire appel à un coach en organisation ou un coach parental dans sa vie privée par exemple n’est pas encore une évidence. Toujours en cause cette question de la légitimité et une vision égoïste du développement personnel ancrées en nous, Français. 

La question du prix revient assez régulièrement dans les réticences à faire appel à un professionnel pour être guidé ou accompagné. Le coaching revêt une image de luxe, de richesse et de réussite qui freine de nombreuses personnes. Il y a du vrai, mais il faut raison garder. Un accompagnement sur la durée a un coût, mais celui-ci s’étale généralement sur plusieurs mois et les bénéfices du coaching valent cet investissement. 

coaching luxueux

Comment expliquer le succès du développement personnel et du coaching aux États-Unis ?

À l’échelle du monde, les États-Unis, et le Canada également, sont des pays “jeunes”. Un esprit de conquête et d’exploration ont permis de coloniser ces terres et de les développer – bien souvent de manière peu pacifique !

Les États-Unis sont considérés comme un Eldorado : tout le monde rêve de l’american dream, de se construire un empire, une vie ou une fortune en partant de rien. Les profils de ce type, qui ont très bien réussis, sont considérés comme des modèles, de Lincoln à Elon Musk. Il n’y a pas d’État providence pour aider les populations : pas d’allocations, pas de sécurité sociale proprement dite. Tout se paie aux États-Unis.

Cette façon de fonctionner bien éloignée de la nôtre pousse les personnes à donner le meilleur, à vouloir être meilleur pour réussir, pour gagner plus. C’est même une nécessité. Il n’y a aucun sentiment de honte en Amérique du Nord à penser à soi, à avoir besoin du développement.

La possibilité de se faire aider, que ce soit en suivant une psychothérapie ou en ayant besoin de développement personnel, est de plus en plus acceptée et admise en France, qui rattrape enfin son retard sur l’Amérique du Nord. Après des siècles d’habitudes patriarcales et catholiques, mais aussi de méfiance, la route a été longue pour faire admettre cette ressource, cette possibilité d’accompagnement. Aujourd’hui, les résultats d’un bon coaching ne sont plus à prouver : le développement personnel a de beaux jours devant lui !

 

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