Comment résoudre et désamorcer un conflit ?

Les relations comportent leur lot de désaccords ou de disputes. Des conflits naissent entre deux personnes quand des émotions fortes, comme la colère, dérivent d’une divergence d’opinion ou d’une façon de voir les choses différente Le comportement de l’un peut être considéré par l’autre comme un affront, une moquerie. Un manque de communication entre les deux parties mènent alors à la discorde.

Il est normal de s’énerver, d’avoir des mots dans une relation ! Il s’agit le plus souvent d’événements banals, mais certaines querelles ont parfois de lourdes répercussions. Pour une vie plus sereine et plus épanouie, on peut désamorcer un conflit avant qu’il ne dégénère ou essayer de le régler du mieux possible pour arriver au consensus.

Les trois façons de régler un conflit

Il existe trois manières de sortir d’un conflit, qui dépendent de votre caractère, de votre lien avec l’autre partie (un parent, un ami, un client ?), mais aussi de l’objet de votre querelle.

  • Résoudre un conflit par la force : une des deux personnes a l’autorité sur l’autre (un supérieur hiérarchique par exemple) et prend la décision, sans avoir vraiment écouté. Il y a une absence de débat.
  • Le compromis pour gérer un conflit : on coupe la poire en deux car les positions sont trop éloignées l’une de l’autre. Chacun fait un pas et la décision est prise ensemble de régler cette histoire. Mais généralement, ça ne satisfait personne complètement.
  • L’idéal pour mettre fin à un conflit, le consensus : tout le monde est content, car une vraie solution a été trouvée !

Match de boxe

Le consensus pour désamorcer un conflit

Pour arriver à un consensus et résoudre un conflit, il faut que les deux personnes y mettent du leur pour arriver à une réelle entente. Cela peut parfois demander du temps, pour qu’une compréhension mutuelle se mette en place. Bien sûr, le respect est une condition indispensable pour obtenir un consensus !

Avant de résoudre un conflit, laissez passer l’orage

Quand vous êtes sous le coup de la colère, de la rage, de la jalousie, si vous avez le sentiment d’être trahi.e ou moqué.e, la meilleure solution est… d’attendre ! Il est inutile de chercher à régler une dispute si l’une des deux personnes est en proie à une très forte émotion. Tout simplement car ça bloque l’accès à la partie de votre cerveau qui raisonne. Et de la raison, il va vous en falloir pour arriver au consensus !

Choisissez le bon moment

La colère est passée, les tensions sont moins vives : vous vous demandez s’il est temps de rejeter de l’huile sur le feu ? Il faudra bien revenir au sujet de votre discorde pour régler le problème. Mais le meilleur moment, c’est quand ? Il est important que votre interlocuteur et vous soyez vraiment disponibles pour cette conversation qui vous demandera beaucoup de ressources (de la patience par exemple, pour ne citer qu’elle). 

Le télétravail ou la douche ne semblent pas les meilleurs timings. Le soir, notamment après une journée de boulot, vous êtes souvent fatigué.e et votre réservoir de volonté (celui qui vous permet de prendre toutes les petites décisions) est vide. Mieux vaut reporter la discussion au lendemain, surtout que “la nuit porte conseil”.

L’idéal serait donc en matinée ou au déjeuner. Les repas sont particulièrement bien pertinents, car ils vous invitent à être posé.e. Ils vous donnent aussi une échappatoire si vous ne voulez pas qu’on vous fixe dans le blanc de l’œil pendant plusieurs longues minutes. Bien sûr, pour échanger suite à votre dispute, choisissez un coin calme où vous pourrez être seuls, sans enfants, sans collègues.

Discussion lors d'un repas

Laissez un temps de parole à chacun

Il faut un vrai temps de connexion et d’échange calme pour désamorcer un conflit. Quand les deux parties sont prêtes à communiquer, vous pouvez parler. Chacun votre tour, et sans être coupé.e par l’autre, expliquez votre point de vue, les faits, mais aussi votre ressenti, le “pourquoi” de votre colère. N’hésitez pas également à exprimer votre incompréhension face au comportement ou aux paroles de l’autre personne.

Chacun doit pouvoir dire ce qu’il a sur le cœur, mais toujours dans un contexte courtois. Si on sent la colère, les cris ou les larmes monter, on peut faire une pause le temps de retrouver ses esprits. Si l’un de vous devient vraiment négatif, accusateur ou irrité, ça n’amène à rien de bon : autant interrompre votre échange quelques minutes. Plongez-vous dans une activité du quotidien, comme faire la vaisselle, pour laisser passer la tempête. Parfois, il est intéressant de faire appel à un médiateur extérieur quand l’échange semble impossible.

Pour gérer ce conflit, trouvez des solutions ensemble

Une fois que vous avez pu vous épancher et parler avec l’autre personne, il est temps de dialoguer pour trouver ensemble une solution. Il s’agit de la méthode Harvard, mise au point par Roger Fisher et William Ury dans les années 1980. Selon ces chercheurs, il s’agit de la meilleure manière pour régler un conflit de façon constructive et plaisante pour les deux parties. C’est gagnant-gagnant.

Il faut d’abord procéder à une étape de brainstorming pour rassembler toutes les idées qui vous viennent à l’esprit. Ensuite, envisagez-les toutes et évaluez-les selon des critères objectifs qui vous conviennent à tous les deux. 

La méthode Harvard vous incite à choisir toujours la meilleure solution pour les deux parties, équitablement. Il est primordial d’en mettre au point plusieurs avant de vous décider. Car comment savoir quelle option est la plus adaptée si vous n’en connaissez pas d’autres ? Mettez ensuite en application cette solution, et faites le point régulièrement pour savoir si elle convient toujours autant à tout le monde. Parfois, il y aura besoin de la modifier, de la réajuster pour satisfaire les deux parties.

Prévenir le conflit pour l’éviter ou l’atténuer

Avant d’arriver au conflit, il existe plusieurs méthodes ou courants de pensée qui peuvent vous aider. Il est important de comprendre déjà d’où vient ce désaccord. Le plus souvent, il fait suite à une incompréhension, un manque d’écoute, une frustration. Dès que vous le ressentez, parlez-en. Les conflits larvés sont ceux qui sont les plus durs à vivre et à résoudre.

S’inspirer des quatre accords toltèques

Les quatre accords toltèques nous viennent du livre du même nom écrit par Miguel Ruiz. Ces “règles de vie” sont désormais cultes, mais leur sagesse reste toujours valide, notamment dans la gestion de vos relations.

  1. Que ta parole soit impeccable. N’en dis pas trop, ni trop vite et cultive une parole intérieure positive.
  2. N’en fais jamais une affaire personnelle. Si l’autre est en colère, ce n’est pas contre toi, mais contre la situation. Prends du recul sur ces paroles qui sont dirigées à ton encontre.
  3. Ne fais aucune supposition. Au lieu de t’imaginer ce que pense l’autre à ton propos, demande lui respectueusement ce qu’il en est. Pose des questions, exprime tes désirs.
  4. Fais toujours de ton mieux. À chaque moment et selon tes dispositions, fais de ton mieux pour n’avoir aucun regret, sans te soucier du regard des autres.

Pratiquer l’écoute active

L’écoute active a été développée à partir des travaux d’un psychologue américain, Carl Rogers. L’écoute est la première étape d’une communication réussie. Elle intervient au quotidien, pour prévenir les incompréhensions, mais aussi au moment des conflits. Le but est d’instaurer un climat de confiance et de bienveillance. Vous devez être empathique, disponible et respectueux (avant, pendant et après l’échange), pour que votre interlocuteur se sente à l’aise de se confier, en toute liberté.

L’écoute active implique d’écouter pleinement, avec toute votre attention, l’autre partenaire. Il est de bon ton de le laisser parler, de ne pas lui couper la parole, mais vous pouvez aussi intervenir, pour demander des éclaircissements par exemple. Attention cependant à ne pas diriger la conversation : on quitterait là le principe d’écoute active. À la fin de ce moment, reformulez avec vos propres mots ce qui vous a été dit, pour vérifier que vous avez bien compris.

Discussion couple

Se former à la communication non violente

La communication non violente, ou CNV, est une méthode bienveillante pour une meilleure relation entre les personnes. Elle se base sur l’expression de ses sentiments, le respect de ses besoins fondamentaux, l’objectivité et la capacité de demander à l’autre un échange. Cette technique se déroule en 4 étapes.

  1. L’observation pour avoir une vue objective de la situation, s’éloigner des affects et des jugements pour retourner vers les faits.
  2. Les émotions : les identifier quand on fait face à cette situation problématique.
  3. Les besoins : les reconnaître et les nommer, car les émotions fortes peuvent parfois les cacher ou les recouvrir.
  4. La demande : énoncer clairement son besoin d’échanger avec la personne et la laisser s’exprimer.

La communication non violente demande un vrai apprentissage. Il existe partout en France des stages, des formateurs ou des coachs pour en apprendre toutes les ficelles et l’utiliser au quotidien.

Désamorcer un conflit est parfois une question de survie. Les disputes sont un vrai poison au quotidien et peuvent gâcher toute une relation ! Heureusement, en prenant le temps de laisser passer la colère, pour avoir une discussion constructive, on trouve des solutions à mettre en place ensemble. Le consensus est la meilleure réponse à un conflit. En complément, vous pouvez aussi progresser dans votre capacité à pardonner ou à laisser le bénéfice du doute pour des relations plus apaisées.

 

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